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Océaniaque









celle qui est toute et tant, toujours, n'existe pas.
j'ai mille ans
je suis la somme conjuguée autant d'angles, de moments et d'espace-antre
néant-moins l'unième, la portée et l'en-corps, l'irrésolue, l'insoluble ordinale.
alors cette clarté pessimiste où le féminin s’érotise,
suave et sauvage jusque dans les inflexions des bras effilés et l’interminable charnel.
alors les aisselles poudrées, les cavités nues, les segments d’allumettes,
les vasques aux épaules.
alors la langue

alors

je suis le regard et son féminin. la moue menstruelle.
la femme a un bas
et les mots épilés. la rousseur et sa solitude. l'inassouvi.
la part manquante.
je suis le débord
je suis la paresse.
les nuits sans sommeil, le forclos et l’innommable.




nuit pâle et décantée
nuit de gésine
je m'encre et m'éprouve. infinitésimale.
acoustique. pieds crus.
océaniaque
je m'enfle et me désordonne. ça s'écrit. ça se crie.
ça ne saurait se dire.
ça ne dit rien d'ailleurs. d'ailleurs ça ne raconte rien. ça ne peut pas. ça s'échappe aux mots.
ça s'inarticule. ça pulse. ça chante. ça feule.
ça rauque. ça ouvre une étendue.
une mouvance indécise. une forêt d'épines équinoxes et de petites lettres.
une architectonie femelle




ça sent l'humus. la fougère et l'oursin.
ça sent l'animale et l'immense
la stase des libellules et leurs amours processuelles
au loin une séquelle de morphèmes charnus
et de vastes sanglots.
ça pleut vertical
j'écris et m'éprouve. me dilate dans l'épaisseur du trait. luisante. grasse
je n'ai pas peur
femme est mon nom
des rivages internes de l'éclipse aux bords mousseux de l'étrange
j'écris en corps
les marées équivoques et leurs courbes étales, âpres préambules, viscères délicates
onde d'exaltation lente et irrésolue. allusive et floue. méduse. astéroïde. ou gamète
j'écris
comme une tentative d'originer le vif de la chose dans le bain des épreuves.