Océaniaque






                              








l’épure et l’intime se replient l'une sur l'autre.
                                        - scandinaves.


                             





























Les Architectonies femelles














Avoir ramené une âme du plain-archaïque, de la part étrange et incurable de soi, un au-delà, en terre femelle, des points limites et rousseur de l'impeaucible.

Sous la forme et mue
émouvante d'une animale, avoir mis au monde une autre femme.

Instantanéité blonde, 

                       - exquise langagière.





















          


in statu nascendi




























Elle est une autre femme.
L’une des miennes.






Océaniaque










celle qui est toute et tant, toujours, n'existe pas.
j’ai mille ans          

je suis la somme conjuguée au tant d'angles, de moments
et d'espace-antre.                            
néant-moins l'unième, la portée et l'en-corps, l'irrésolue,

l'insoluble ordinale.

alors cette clarté pessimiste où le féminin s’érotise,
suave et sauvage jusque dans les inflexions des bras effilés
et l’interminable charnel.
alors les aisselles poudrées, les cavités nues, les segments d’allumettes,
les vasques aux épaules.

alors la langue











alors




je suis le regard et son féminin. la moue menstruelle.
la femme a un bas
et les mots épilés. la rousseur et sa solitude. l'inassouvi.
       la part manquante.

           je suis le débord

je suis la paresse.
les nuits sans sommeil,

le forclos et l’innommable








nuit pâle et décantée
nuit de gésine
je m'encre et m'éprouve. infinitésimale.
acoustique. pieds crus.

océaniaque.           

je m'enfle et me désordonne. ça s'écrit. ça se crie.
ça ne saurait se dire.
ça ne dit rien d'ailleurs. d'ailleurs ça ne raconte rien. 
ça ne peut pas. ça échappe aux mots.
ça s'inarticule. ça pulse. ça chante. ça feule.
ça rauque. ça ouvre une étendue.
une mouvance indécise.
une forêt d'épines équinoxes.               
   et de petites lettres.                                           

une architectonie femelle               

ça sent l'humus. la fougère et l'oursin.
ça sent l'animale et l'immense
la stase des libellules et leurs amours processuelles
au loin une séquelle de morphèmes charnus
et de vastes sanglots.

ça pleut vertical










j'écris et m'éprouve. me dilate dans l'épaisseur du trait. luisante. grasse
je n'ai pas peur

            Femme est mon nom.

des rivages internes de l'éclipse
aux bords mousseux de l'étrange 
       j'écris en corps
les marées équivoques et leurs courbes étales,
âpres préambules, viscères délicates
onde d'exaltation lente et irrésolue. allusive et floue.
méduse. astéroïde. ou gamète.
       j'écris
comme une tentative d'originer le vif
de la chose dans le bain des épreuves.







La Part saignante









Je suis fascinée par les extrémités sensibles du jour,
les latitudes fondamentales,
les états physiques de l'eau,
l'humain, sa flagrance, ses viscères,
son bitume et son jus.

Au coeur des étroitesses insulaires, des aliénations intimes,
des peurs imaginaires ou hadéennes,
dans l'immensité de l'espace qui s'ouvre par le langage
et l'expérience profonde de l'Art,
en lien avec l'humain, nécessaire encore, toujours déjà :
- le désir de rejoindre par le ventre le monde océanien.











faatitoraa moa


       






Le chaos a sa propre évidence,
l’évidence dépouillée de toute mesure.